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La revue Cinéscopie, est une revue trimestrielle qui s’adresse aux amateurs de cinéma : cinéphiles et cinéphages, collectionneurs, cinéastes amateurs et autres curieux.

44 numéros ont été publiés de 2006 à 2016.

Ce blog vous propose de découvrir les anciens articles de la revue et quelques nouveaux textes publiés au gré de mes envies.


Les opinions exprimées dans les articles sont de la responsabilité de leurs auteurs. Elles ne représentent pas l’expression de la rédaction.

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mardi 5 mai 2015

Emission sur Internet



"ECRAN D'ARRÊT" est une émission intéressante et amusante, consacrée au cinéma, créée par Adrien Plaine et que l'on peut voir sur YouTube.


A regarder sans modération !






samedi 14 mars 2015

HISTOIRE - Les métiers du cinéma

HENRI MOIROUD, PHOTOGRAPHE DE PLATEAU

Par Roger Besson 

En 1993, un collègue de travail amena dans mon bureau un client en me disant qu’il avait bien connu Marcel Pagnol. Connaissant ma passion pour le cinéma, il avait compris que je serais intéressé. Ce monsieur, pas très grand, le cheveu grisonnant, avec des yeux malicieux derrière ses lunettes inspirait tout de suite la sympathie. Ce fut le début d’une amitié qui dura jusqu’en 1997 (date de mon changement d’affectation).


 
Henri Moiroud, Marcel Pagnol, Jacqueline Pagnol et un guide d'Allauch (de gauche à droite) posent dans la garrigue, 1945 (www.archives13.fr)

Henri Moiroud m’explique qu’il avait été photographe de plateau notamment de René Clair (film « AIR PUR » resté inédit). Il fut ensuite occupé pendant un an au Service Cinématographique des Armées. Il utilisait un appareil à photo Rollei ce qui le différenciait de ses collègues photographes de plateau qui se servaient de grosses chambres sur pied, difficiles à déplacer. Pagnol fut intéressé par cette technique et confia à Henri Moiroud la prise de clichés de « LA FILLE DU PUISATIER » dont toutes les photos connues sont de lui. Il a également photographié « MANON DES SOURCES » (avec Jacqueline Pagnol). Nous lui devons aussi les rares clichés du film « LA PRIERE AUX ETOILES » de Pagnol, jamais projeté.
Sachant que j’avais une maison dans le Luberon, Monsieur Moiroud me parla du tournage à Lourmarin de « ARLETTE ET L’AMOUR » en 1943 (dialogues de Marcel Pagnol) où il photographia Josette Day. J’ai pu voir d’elle des photos très belles.

Il m’a raconté que Pagnol l’avait contacté pour photographier « LES LETTRE DE MON MOULIN » ce qu’il ne put accepter étant déjà engagé sur le tournage de « ATOLL K » avec Laurel et Hardy et Suzy Delair réalisé à Marseille et à Nice.


Laurel et Hardy dans Atoll K.

Lettre de Pagnol à Moiroud (collection R. Besson)

Je rendais souvent visite au domicile d’Henri Moiroud. C’était un véritable plaisir de voir accrochées au mur de très grandes photos qui auraient fait le bonheur des cinéphiles : Laurel et Hardy en balade sur la promenade des Anglais, Henri Moiroud et Oliver Hardy photographiés par Laurel, Josette Day en petite tenue, Gaumont et Louis Lumière avec Tino Rossi, clichés de Fernandel, de Raimu, de Suzy Delair …

2ème lettre de Pagnol à Moiroud (collection R. Besson)

J’ai découvert de nombreuses anecdotes sur des côtés insolites du cinéma.
Ne voulant pas collaborer avec les Allemands, Marcel Pagnol simula un accident (explosion d’un sunlight qui lui avait endommagé la vue) avec photo à l’appui, et témoignage de médecins. Je possède la photocopie de l’article de presse, inquiétant, sur cette supercherie.
J’ai reçu également une confidence sur le tournage du « GARDIAN ». Tino Rossi était doublé pour les scènes à cheval par un gardian. Celui-ci faisait cabrer le cheval ce qui était d’un bel effet et Monsieur Moiroud l’avait photographié. Tino Rossi voulut imiter cette performance, il réussit à faire cabrer la bête le temps d’un cliché mais il ne réédita pas la chose pour le film et c’est bien le gardian qui figure dans le film. Je possède la copie des 2 photos.

Sur le tournage de la « PRIÈRE AUX ÉTOILES » Marcel Pagnol avait admis exceptionnellement deux invités Pierre Benoit et sa femme. Habituellement Pagnol restait dans la cabine du son pour écouter la scène, mais à cette occasion, l’accessoiriste avait installé trois fauteuils en retrait de la caméra. Henri Moiroud les photographia, émerveillé du jeu de Josette Day et Pierre Blanchar. Le cliché fut confié à TOE (avec au dos un texte : « Monsieur et Madame Pierre Benoit assistent en compagnie de leur ami Marcel Pagnol au tournage de la Prière aux étoiles ») et parut dans les cahiers du cinéma. Quelques jours plus tard, la véritable Madame Benoit reçut la revue et constata les infidélités de son époux (il avait 56 ans et plus de 35 ans de mariage dixit Henri Moiroud). Elle téléphona  à Marcel Pagnol : « Marcel, Ne crois-tu pas que mon mari se suffit ainsi en sortant avec sa maîtresse sans que tu sois obligé de lui faire de la publicité ?...


 





Marcel Pagnol convoqua Henri Moiroud (c’était en 1941, il y avait peu de temps qu’il travaillait au studio). Il reçut quelques conseils pour devenir un bon journaliste. Il répondit « Monsieur Pagnol, en voyant ce couple si souriant, si détendu… du même âge… j’ai pensé… » .Pagnol l’arrêta net et lui confia à l’oreille « Tu as raison ! Quand on prend une maîtresse, on la prend jeune et jolie ! »
Henri Moiroud a rédigé pour ses petits enfants un cahier de souvenirs qu’il a intitulé « Une valse ». Il serait intéressant que sa famille fasse éditer ce travail.
J’ai amené au domicile de Monsieur Moiroud plusieurs journalistes qui ont ainsi rédigé plusieurs articles très intéressants. Parmi ces visiteurs, outre Fernand Meric producteur de films, le Directeur des archives départementales que j’avais avisé de l’intérêt de conserver cet ensemble de documents inédits.


 Fernandel pose pour Henri Moiroud qui le photographie, 1945 (www.archives13.fr)

Il faut savoir que pour chaque tournage, Monsieur Moiroud réalisait beaucoup de clichés. Le lendemain, après développement, il les présentait au réalisateur qui choisissait ceux qui l’intéressaient et les lui payait, le surplus (les invendus) restait la propriété du photographe.

Cette exceptionnelle collection de photos (plus de 5000 dont des Raimu, Fernandel…) suite à mon initiative a donc été acquise par les archives départementales des Bouches du Rhône, après qu’Henri Moiroud ait identifié chaque négatif. Des expositions ont été organisées dans la région.

Monsieur Moiroud nous a quittés en 1999, il me laisse le souvenir d’un formidable conteur d’anecdotes, d’une mémoire du cinéma : je pense à une revue de Mistinguett qu’il m’a dit avoir filmée et dont on a perdu la trace ; il m’a raconté aussi avoir tourné une séquence de Manon des sources l’opérateur étant parti.

Henri Moiroud m’a offert quelques documents, il a aussi photographié mon fils avec sa femme et son fils, une merveilleuse lumière illumine ce cliché : tout l’art d’Henri Moiroud

Il m’avait expliqué pour certains clichés en extérieur avoir réfléchi la lumière avec un bâton. Il s’insurgeait de voir publier ses photos sans qu’il soit même fait mention de son nom. Souhaitons qu’un jour, la profession cinématographique rende à Henri Moiroud la place qui lui revient. Lorsque je vois des cartes postales ou des documents tirés de ses photos de « La fille du puisatier » ou de « Manon des sources », je cherche attentivement mention de son nom et ne le trouve pas. Et pourtant ces photos sont très connues et appréciées.



Portrait de Josette Day par Henri Moiroud, 1941 ((www.archives13.fr)




 (Article publié dans Cinéscopie n°20 - Décembre 2010)













mardi 6 janvier 2015

LES PLUS BELLES MUSIQUES DE FILMS


FURYO

NAGISA OSHIMA
1983
Musique de Ryuichi Sakamoto

Merry Christmas Mr. Lawrence 










vendredi 26 décembre 2014

TECHNIQUE - Projecteur - Silma 240 S


LE PROJECTEUR SILMA 240 S
Par Michel Gallois 


Je tenais à vous présenter ce projecteur, comme simple utilisateur. Le Silma 240 S fut un excellent projecteur muet et sonore dont la conception et la qualité de fabrication vont retenir l’attention de la marque Bolex, pour son premier projecteur super 8 mm sonore, le célèbre SM8, directement dérivé de la version super 8 mm du Silma 250 S fabriqué en Italie. 

Le Silma 240 S (photo Lionel Proust) 

C ‘est du solide ! Essentiellement fabriqué en métal (environ 11 kilos). La fixité est bonne et assurée par une griffe à deux dents ainsi que le défilement par deux débiteurs dentés dont l’inférieur est de grand diamètre. 

La luminosité, elle aussi, est bonne avec une lampe quartz avec miroir et condenseur optique. Le centrage est réglable et une position sous-voltée est disponible pour la sonorisation (25%) : 12 V/100 W. 

Une turbine indépendante silencieuse assure un refroidissement efficace. 

Le zoom de base en monture Ø 25 : 15/25 mm ouvert à 1,3 pouvait être complété par une focale fixe : 20 mm ouverte à 1,3, plus lumineuse. Le réglage du point se fait par un bouton latéral. 


Le bloc porte-objectif basculé (photo Lionel Proust) 

Le bloc porte-objectif bascule afin d’avoir accès au couloir et à la fenêtre. Le presseur est du côté émulsion. Deux presseurs latéraux maintiennent le film. 

La capacité de bobine est de 250 mètres. 

Les vitesses sont de 18 ips et 24 ips. Le changement de vitesse est mécanique, par la variation du diamètre de la poulie-moteur. 

Une courroie crantée assure l’entraînement des bobines. 

Le chargement est simple et actionné par le levier au-dessus du débiteur supérieur. Cette solution sera reprise par Beaulieu sur le 708 EL, tout comme le réglage du cadre par variation de la hauteur de la fenêtre. 

Le système avec deux canaux est simple et efficace. Il préserve les têtes magnétiques. 

Deux potentiomètres : un pour le volume et l’autre pour la tonalité. Une sortie est prévue pour le haut-parleur en 5 , puissance de 4 W et une autre pour brancher une lampe de salle synchrone. 

Les caractéristiques, en enregistrement-reproduction étaient données pour : 75 à 8000 Hz à 24 ips. 

Deux entrées : une pour « le phono » et l’autre pour « le micro », enregistrement avec surimpression possible. 

Origine du projecteur : 1964 

Prix (en 1965) : environ 1200 francs 

Accessoires proposés : mélangeur pour le son et valise avec haut-parleur habillée façon cuir, de couleur beige, avec garniture intérieure en velours vert. 

Le Silma 240 S capot arrière enlevé (photo Lionel Proust) 

J’ai acquis ce projecteur d’occasion, aux Puces de Montreuil, avec sa valise. J’ai juste remplacé la courroie moteur et l’objectif d’origine par un Berthiot : 17/28 mm ouvert à 1,3. 

J’apprécie le silence du fonctionnement de cet appareil avec une bonne luminosité. Il ne chauffe pas, la reproduction du son est bonne (je n’ai cependant pas effectué d’enregistrement) surtout à 24 ips. 

A ce jour, les copies de films en 8mm standard sonore sont rares mais on trouve de nombreuses copies en muet et ce projecteur est bien agréable à utiliser car il accepte sans problème les longs métrages.


 (Article publié dans Cinéscopie n°13 - Mars 2009)







dimanche 7 décembre 2014

JIRI TRNKA



JIŘĺ TRNKA, dans ma collection…
Par Michel Gasqui




« J’ai toujours été attiré par ce qui n’a pas été résolu. Lorsque les choses sont résolues, elles perdent leur intérêt pour moi ». (Jiří Trnka)


Jiří Trnka, le roi de l’enfance et de la poésie1, est né il y a cent ans, le 24 février 1912. Trnka, quel drôle de nom, avec ses quatre consonnes qui se succèdent comme ça, sans voyelle. Sa prononciation est presque aussi mystérieuse que celle du nom de sa ville natale : Plzeň (on lit souvent Pilsen, pour simplifier !)


La Princesse (Bayaya, 1950)


      Parmi les films qui ont marqué mon enfance, il y a deux longs métrages de Jiří Trnka vus sur le poste de télévision : « Le Prince Bayaya », il me semble, et « Les Vieilles légendes tchèques », peut-être. Le souvenir est lointain et je ne suis pas certain des titres. Ce qui m’a profondément marqué, c’est la magie, il n’y a pas d’autre mot, qui se dégageait de ces œuvres et la grâce qui touchait les personnages de bois tellement expressifs2. Depuis cette époque, je me mis à aimer les marionnettes et à me passionner pour les films d’animation.

      Pendant de nombreuses années, j’ai espéré retrouver ce délicieux souvenir enfantin. Je suis allé plusieurs fois à Prague – la première fois en 1971 – avec le sentiment de découvrir la patrie de Trnka et j’y ai rencontré des Tchécoslovaques qui connaissaient et aimaient l’artiste mais je ne dénichai aucun document le concernant mis à part deux séries de cartes postales : une sur « Dobrý voják Švejk » (Le Brave soldat Chveik) et une autre sur « Špaliček » (L’Année tchèque) ainsi que quelques livres pour enfant dont le merveilleux « Zahrada » (Le Jardin) qui fut adapté au cinéma en 1974/1977 par Břetislav Pojar. En France, on rencontre assez facilement des livres de contes illustrés par Trnka comme les contes d’Andersen ou ceux des frères Grimm par exemple. Ils sont édités chez Gründ. Je conseille aussi « Pierre et le loup » pour ses dessins frais et colorés dans une édition probablement difficile à trouver : La Farandole, en 1970. L’impression est, encore à ce moment-là, de grande qualité.

      Je cherchai longtemps, aussi, des ouvrages sur mon cinéaste et ne trouvai que quelques articles, des brochures et, finalement, le « Jiří Trnka » publié par Fantasmagorie production qui est l’ouvrage le plus important que je me suis procuré. Je sais que la collection « Anthologie du cinéma » lui a consacré un numéro signé Jean-Marc Boillat (Anthologie du cinéma, n° 79, sorti en supplément au n° 149-150 de l'Avant-Scène Cinéma qui est essentiellement consacré à la « Planète sauvage » de René Laloux et Roland Topor) mais je ne le connais pas.




      Du côté des films, quelques-uns figuraient sur les répertoires des films proposés aux ciné-clubs par l’Ufoleis. Ainsi, celui de 1972/1973 annonçait « L’Année tchèques », « Prince Bayaya », « Le Rossignol de l’empereur de Chine » et « Les vieilles légendes tchèques » dans les longs métrages pour enfants ou encore « L’Archange Gabriel » et « La Main », dans la liste des courts métrages. La télévision oublia défini-tivement, semble-t-il, les œuvres de Trnka. C’est dans le cadre d’un cycle « Marionnettes au cinéma » qui se déroula au printemps 2007 à la Cinémathèque française, que je pus revoir « Le Prince Bayaya » et découvrir « Les Aventures du brave soldat Chveik » qui fut projeté en 16 mm, « La Chaumière en pain d’épices » et « Le Moulin du diable ».
Les éditions des films de Trnka sont confidentielles ! Quelques œuvres sont sorties en cassettes VHS puis en DVD chez les américains mais je ne connais aucune autre édition. « Emperor's Nightingale » (Le Rossignol de l’Empereur de Chine) fut édité en VHS, en 1997 (je ne connais pas d’édition antérieure) puis en DVD (en 2000). « The Puppet Films of Jiri Trnka » fut également édité en cassette VHS et en DVD (en 2000).
Je ne connais pas non plus d’édition super 8 mm des films de Trnka par contre mes recherches de collectionneur me permirent, et c’était pour moi inespéré, de trouver, en 16 mm, « Le Rossignol de l’Empereur de Chine » chez Fred Karali3 – avec des couleurs virées malheureusement mais dans une copie en bon état – puis « L’Archange Gabriel » dans une copie magnifique et enfin une copie usée mais acceptable de ce que beaucoup considèrent comme le chef-d’œuvre de Trnka, « La Main ».

Quelques repères

      Jiří Trnka est donc né à Plzeň-Petrohrad en 1912 d’un père ferblantier et d’une mère couturière. On pourrait s’amuser à attribuer son gabarit de colosse au côté paternel et sa douceur et sa grande délicatesse au côté maternel car il s’agit bien d’un géant aux doigts de fée.
En 1923, il est remarqué par Joseph Skupa, professeur de dessin qui dirige aussi un théâtre de marionnettes, et devient son élève. En 1928 il entre à l’école des arts appliqués de Prague. Il se consacre essentiellement aux dessins de journaux et aux caricatures mais revient de temps en temps aux marionnettes chez Skupa.
En 1936, Trnka dirige son propre théâtre de bois et l’installe dans la salle Rokoko qu’il loue à Prague. L’expérience dure un an.
Avant et pendant la guerre, Trnka illustre des livres, peint et met en scène des pièces de théâtre. Il fabrique également des jouets pour la société Hamiro.



Les frères en tricot


      C’est en 1945 que Trnka rencontre une équipe d’animateurs avec lesquels il fonde le groupe « BRATŘI V TRIKU » (Les Frères en tricot qui signifie également trucage). On trouvera dans l’équipe : Ed. Hoffman (« La Création du monde »), Jiří Brdečka, V. Bedrich, Zdenek Miler (« La Petite taupe »)… et aussi Josef Lada et Josef Čapek qui sont très connus en Tchécoslovaquie.
C’est encore en 1945 que Trnka réalise son premier film d’animation « Grand-père a planté une betterave » en dessins animés et marionnettes et c’est en 1947 qu’il réalise son premier long métrage avec des marionnettes animées « L’Année tchèque ».
Jiří Trnka nous a quittés le 30 décembre 1969.
En 1979, Annecy présenta une exposition (préparée par la Galerie nationale de Prague) en son hommage, au Palais de l’Isle.

Ma Collection :

Les cartes postales :

L’Année tchèque (carte n°16 – série de 21 cartes au moins). 


Le Brave soldat Chveik (carte n°2 – série de 15 cartes au moins).


Les Livres pour enfants :


Contes d’Andersen – Gründ-Paris – 1977.


Les Contes du jardin enchanté – 1956.


Les Contes des mille et une nuits – 1958.



Pierre et le loup – La Farandole – 1970.



Zahrada – Albatros – 1962.



Documents :


Catalogue des dessins animés, Film Tchécoslovaque d’Etat, années 1960.


Les Films :

DVD :
The Puppet Films of Jiří Trnka  (Rembrandt Films)
Le DVD ne propose pas de sous-titres et les images sont de médiocre qualité.
Il réunit :
« Le Rossignol de l’Empereur de Chine » (cf ci-après)
Le commentaire en Anglais de Phyllis McGinley est dit par Boris Karloff.
« Le Roman de la contrebasse » (Román s basou)
Marionnettes - 1949 - 398 m
D’après le conte d’Anton Tchékhov
Alors qu’elle se baignait dans la rivière, une noble demoiselle se voit voler ses vêtements par des brigands. Elle se réfugie dans l’étui d’une contrebasse et est ainsi apportée dans le palais où doivent être célébrées ses fiançailles à l’insu du musicien timide qui l’expose involontairement aux regards des convives.
(Jean-Pierre Berthomé - Jiří Trnka – Fantasmagorie – 1981)
« Le Chant de la prairie » (Árie Prérie)
Marionnettes – 1949 – 616 m
Parodie (jusque dans la musique) de « La Chevauchée fantastique » dans laquelle se retrouvent tous les poncifs du western : le héros meneur de lasso, le joueur de cartes, le robuste conducteur de diligence et l’innocente vierge enlevée par un bandit vêtu de noir.
(J-P Berthomé)
« Le Joyeux cirque » (Veselý cirkus)
Papiers découpés – 1951 – 384 m
Sur la piste du cirque se succèdent les attractions : phoques, jongleurs, écuyère, homme-orchestre, acrobates, ours danseurs.
(J-P Berthomé)
« Un verre de trop » (0 skleničku víc)
Marionnettes – 1954
Ce chef-d’œuvre réalisé pour prévenir des méfaits de l’alcool sur la route, est de Břetislav Pojar ; Trnka y a collaboré.
« La Main » (cf ci-après)
Et le documentaire : Jiří Trnka : puppets animation master réalisé à l’occasion de la sortie du DVD (édité par Michael J. Sudyn) et dont l’intérêt est d’y voir Trnka dans ses décors, manipulant ses marionnettes. On y découvre aussi quelques-unes de ses peintures et on le voit dessiner.



Copies 16 mm :

« Le Rossignol de l’Empereur de Chine »
(Císařův slavík)
Prises de vues réelles et Marionnettes – 1948 – 2069 m – Agfacolor.
Réalisation et maquette : Jiří Trnka
Scénario : Jiří Trnka et Jiří Brdečka d’après le conte de Hans-Christian Andersen.
Animation : Břetislav Pojar
Réalisation des séquences réelles : Miloš Makovec
Musique : Václav Trojan
Commentaire français écrit et dit par Jean Cocteau
Le jeune Empereur de Chine, ingrat, préfère le clinquant oiseau mécanique en or au plus beau rossignol de son empire. Ce sont les rites, le goût du luxe et la vie réglée et monotone de la cour qui l’amenèrent inévitablement à faire ce choix car le joli rossignol symbolise la liberté mais aussi, pour lui, l’aventure, effrayante, et l’inconnu.
Il sera rongé par l’ennui et les regrets et c’est tout de même le merveilleux chant du rossignol qui l’arrachera à la mort.
La première partie qui met en scène, en prises de vues réelles, un jeune garçon solitaire, parmi des objets que nous retrouverons ensuite, introduit habilement l’histoire.
A l’instar d’un petit opéra, « Le Rossignol de l’empereur de Chine » réunit les talents de plusieurs artistes.
Il y a le travail du musicien, Břetislav Trojan, qui est de première importance dans ce film. A noter le chant du rossignol, envoûtant, qui contraste avec celui de l’oiseau mécanique, joli mais dont le thème enfantin finit par devenir insupportable à force de se répéter.
Il y a bien sûr le créateur des images magnifiques. Les premières, où l’on voit le rossignol chanter sous le regard charmé d’un pêcheur, sont un peu dans l’esprit des films d’animations chinois réalisés au lavis par Te Wei.
Et puis il y a le commentaire de Jean Cocteau qui convient parfaitement au film de Trnka.
Ce très beau film d’animation reçut plusieurs prix :
- Le Prix National au Festival International du Film de Mariánské lázné en 1949.
- Le Prix Méliès à Paris en 1950.
- La Bobine d’Or du Conseil National Américain du Film à New-York en 1955.
- Le Prix du meilleur film de concours au Festival International du Film de Locarno en 1955.

« L’Archange Gabriel et madame l’Oye »
(Archanděl Gabriel a paní Husa)
Marionnettes - 1964 - 803 m
Scénario et réalisation : Jiří Trnka d’après un conte de Giovanni Boccacio.
Musique : Václav Trojan
En introduction, le générique se présente sous la forme d’un petit dessin animé autonome qui n’est pas sans rappeler le film  de Pasolini tiré du Decameron de Boccace.
L’histoire se passe à Venise, sous la renaissance. Madame L’Oye est dévorée par une véritable passion pour l’Archange Gabriel. Le moine qui reçoit sa confession - un homme étrange d’une laideur repoussante - s’éprend de la belle pécheresse. Il se déguise en Archange Gabriel et s’introduit chez elle pour la séduire. Les trois frères de la belle démasqueront l’imposteur pour qui tout finira mal.
Les décors, les lumières et les costumes sont splendides. On songe au « Casanova » de Fellini.
Les grands animateurs, parmi lesquels on peut classer Trnka, se reconnaissent à l’inventivité dont ils font preuve dans l’animation de leurs personnages. En effet, ils ne cherchent pas à reproduire la réalité mais ils donnent vie à des personnages ou des objets inanimés.
La façon dont Dame l’Oye tortille son derrière lorsqu’elle se déplace fait partie des plus belles animations que je connaisse. A la fois amusante et érotique, elle confère au personnage une personnalité singulière très forte. On pense au déplacement de la super girl martienne, interprétée par Lisa Marie, dans « Mars attaque » de Tim Burton.
« L’Archange Gabriel », œuvre assurément érotique, est la preuve, s’il en faut, que les films d’animation ne sont pas réservés aux enfants.

Dame l’Oye est le personnage le plus érotique de Trnka. Elle possède des seins capables de se gonfler quand elle soupire.


« La Main » ((Ruka)
Marionnettes - 1965 - 511 m
Scénario et réalisation et maquettes : Jiří Trnka
Musique : Václav Trojan
Arlequin le potier soigne amoureusement une fleur dans sa maisonnette. Une main gantée de blanc s’y introduit pour lui ordonner de sculpter son image. Il refuse, puis se résigne et, enfermé dans une cage d’or, entreprend le portrait demandé. Il se révolte pourtant contre la Main qui le tyrannise et s’enfuit vers sa cabane où, blessé par le pot de sa fleur que lui a jeté la Main, il meurt. La Main lui fait des funérailles officielles.
(J-P Berthomé)
Ce film est le dernier réalisé par Trnka. Il est remarquable par sa sobriété : deux personnages (trois avec la fleur), deux lieux (la cabane et l’extérieur – abstrait – de la cabane), une idée : la liberté de créer contrariée par un despote symbolisé par une main gantée de blanc. Esthétiquement parfait, c’est son côté allégorique qui prime sur la poésie.
La bande son est très travaillée avec ses bruits (parfois en hors champ), et la musique inquiétante de Trojan.
Il a été classé second, derrière « Le Sous-marin jaune » de George Dunnig et ex aequo avec « Ersatz » du Yougoslave Dusan Vukotic au classement des meilleurs films d’animation du monde effectué en 1971 à Bucarest4.





Bibliographie :
- « Jiří Trnka » : revue Fantasmagorie n°5 – 1981.
- « Jiří Trnka » : dossier paru dans « La Revue du Cinéma », n°229 – juin/juillet 1969 par Josette Debacker.
- « Jiří Trnka » : fascicule établi en 1966 par Mme J. Debacker pour le Ministère de l’Education Nationale et de la Culture (Service cinématographique).
- « Hommage au cinéaste d’animation tchèque Jiří Trnka » : catalogue de l’exposition du Palais de l’Isle d’Annecy en 1979.

      Je terminerai cet article en faisant trois souhaits, celui de voir éditer une édition complète, en coffret DVD, de l’œuvre magnifique de Jiří Trnka, celui de pouvoir visiter à Paris une grande exposition rétrospective du maître et enfin celui de voir « Le Prince Bayaya », ou « Le Brave soldat Chveik » de nouveau projeté aux « enfants du cinéma ». n

[1] Jean Cocteau a dit de lui : "Trnka - c'est le royaume de l'enfance et de la poésie." Cette citation est peut-être tirée de son texte « L’Âme de Trnka » (Les Lettres françaises - n°773 du 14 mai 1959). Par Ailleurs, Cocteau est l’auteur du commentaire français du « Rossignol de l’Empereur de Chine » (1948). C’est lui également qui dit le commentaire. Le texte a été intégralement publié dans la revue « L’Avant-Scène Cinéma n°3 (15 avril 1961).
2 Les marionnettes de Trnka sont constituées d’une armature métallique articulée par des rotules que l’on peut serrer plus ou moins. Pour les corps, suivant les personnages, l’armature était recouverte de bois, de mousse ou de latex (pour les corps dénudés).
[1] La Bande des Cinés : 12 rue des Roses, 75018 Paris - Tél: 01 53 26 96 24 - http://www.bd-cine.com/
4 La consultation fut organisée par les archives du film de Bucarest qui demanda à vingt et un réalisateurs et à seize critiques ou historiens quels étaient les meilleurs films d’animation, sans limite de date. (Ecran 73 n°11 – spécial animation)



(Article publié dans Cinéscopie n°28 - décembre 2012)








vendredi 5 décembre 2014

FILMOSCOPIE - The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson





The Grand Budapest Hotel ****
est le dernier film de Wes Anderson.

Pour résumer ce que j’en pense, exercice parfaitement impossible, je dirais qu’il s’agit des aventures de Tintin au pays de Guy Maddin ! Nous avons à faire à des personnages étranges mais simples dans leur comportement, sans aucune psychologie. Et puis il y a les gentils et les franchement méchants.
Mais quand on y regarde de plus près, le film d’Andersen est une sorte de mélo loufoque avec des marionnettes qui vivent ou ont vécu des situations dramatiques.
Après avoir vu « The Grand Budapest Hotel », on sort de la salle émerveillé tant le spectacle auquel on a assisté est riche en émotions, intelligent et  magnifique par son esthétique. Ce qui fascine en premier dans les films de Wes Anderson, et dans celui-ci tout particulièrement, c’est la composition des images qui apparente le réalisateur à un collectionneur méticuleux, ordonné, maniaque à l’extrême !
Wes Anderson est le roi de la symétrie et de l’ordonnancement des personnages et des choses à l’intérieur de l’image. On a envie de dire : « Chaque chose a sa place et pas une autre ! ».
Dans la médiocrité de la production cinématographique ambiante, Wes Anderson pourrait presque nous faire croire que le cinéma n’est pas mort !
Merci cher « Maître » !






Film vu au Clovis de Soissons.

M.G.